Le Dictionnaire

Tous les Grrr répertoriés, définis, classifiés.
Avec le soin que la matière exige.

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10 entrées
Grrr de velours Subtil
Grrr doux en apparence, chargé en substance. Il ne se lit pas — il se ressent. Dans les échanges écrits, il se manifeste souvent par un message trop bien tourné pour être innocent. On le reconnaît à l'effet qu'il produit : une légère déstabilisation, un sourire, l'envie de relire.
« Elle a répondu deux mots. Juste deux. Et pourtant. »
Grrr de minuit Écrit
Grrr envoyé à une heure où la vigilance est moins bonne et les mots moins surveillés. Le Grrr de minuit tire sa force de son horaire autant que de son contenu. Il suggère qu'on y pensait depuis un moment, et qu'on a attendu assez longtemps.
« 23h47. Un seul mot. La discussion qui suivit fut… intéressante. »
Grrr à blanc Écrit
Message commencé, écrit, relu — et effacé avant envoi. Le Grrr à blanc n'existe que dans l'esprit de celui ou celle qui l'a composé. Et pourtant, il a pleinement existé. Son absence dans la conversation est parfois plus éloquente que n'importe quelle réponse.
« J'avais écrit trois paragraphes. J'ai envoyé un point. »
Grrr sous-entendu Subtil
Grrr qui ne se dit pas, mais qui traverse chaque ligne. Il se loge dans le choix d'un mot plutôt qu'un autre, dans la ponctuation, dans ce qui manque. Le Grrr sous-entendu est le plus difficile à nier — et le plus agréable à recevoir.
« Le message n'en parlait pas. Il ne parlait que de ça. »
Grrr différé Silence
Grrr qui aurait dû être envoyé sur le moment, mais qui ne l'a pas été. Il arrive plus tard — parfois beaucoup plus tard — sous une forme détournée, glissé dans une phrase anodine. Reconnaissable uniquement par celui ou celle qui sait lire entre les lignes.
« Tu te souviens de l'autre soir ? Oui. C'est ça. »
Grrr de défi Écrit
Grrr frontal, assumé, envoyé avec la pleine conscience de ce qu'il implique. Il ne cherche pas à se dissimuler — c'est même sa force. Dans les échanges écrits, il se présente souvent sous la forme d'une affirmation courte, sans point d'interrogation, qui n'attend pas vraiment de réponse. Ou plutôt : qui en attend une très précise.
« Essayez. »
Grrr encyclopédique Subtil
Grrr long, détaillé, développé — qui explique tout avec une précision remarquable et ne dit finalement rien de l'essentiel. Il occupe l'espace pour éviter d'en venir au fait. Paradoxalement, c'est souvent le Grrr le plus transparent.
« Huit paragraphes. Aucune réponse à la question posée. »
Grrr de façade Silence
Grrr affiché pour masquer ce qu'on ressent réellement. Il se manifeste dans les échanges écrits par un « ah » trop décontracté, un « c'est comme tu veux » envoyé trop vite, ou un émoji apposé sur un message qui n'en appelait aucun. Le Grrr de façade ment mal — et c'est peut-être voulu.
« Ah, pas de problème. »
Grrr par ellipse Silence
Grrr exprimé uniquement par les points de suspension. Trois petits points qui arrivent seuls, ou qui concluent une phrase qui n'avait pas besoin d'être conclue. Le Grrr par ellipse laisse l'autre combler le silence — généralement avec ce que l'on voulait lui faire penser.
« … »
Grrr souverain Subtil
Le Grrr absolu. Celui qui n'a pas besoin de se justifier, de s'expliquer, ni d'être compris de tous. Il est rare — certains ne l'émettent qu'une fois ou deux dans leur vie. Dans les échanges écrits, il se présente souvent sous sa forme la plus dépouillée : un seul mot, une seule syllabe, ou pas de mot du tout. Et pourtant, tout est dit.
« Grrrr. »